BEAUNE
Beaune - Alexandra Collin, arbitre internationale licenciée à l’AS Beaune, entend continuer de gravir les échelons supérieurs
Par Jeannette Monarchi
Publié le 17 Août 2023 à 07h56

Avec plus de 450 matches arbitrés en 15 ans de carrière, Alexandra Collin, 28 ans originaire de Saône-et-Loire (Gergy), est arbitre internationale FIFA depuis deux ans et demi, licenciée aujourd’hui à l’AS Beaune. Elle a arbitré ce mercredi le match amical Louhans-Cuiseaux (N3) - Auxerre B (N2) accueilli par le club de Beaune. Info-Beaune a pu la rencontrer.
Si c’est un concours de circonstances qui lui a mis le pied à l’étrier dans l’arbitrage à l’âge de 13 ans, Alexandra Collin, originaire de Gergy, a mené sa carrière avec passion, détermination et compétences pour atteindre le haut niveau de l’arbitre : elles sont 5 femmes en France à être nommées internationale. Info-Beaune a pu la rencontrer à l’occasion du match amical Louhans-Cuiseaux (N3) - Auxerre B (N2) organisé par l’AS Beaune (score final : 0-0).
Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Comment êtes-vous arrivée à jouer au foot puis devenir arbitre ?
J’ai commencé à jouer au football dès l’âge de 6 ans. Je suis arrivée par hasard à l’arbitrage. Mon père était dirigeant au club de Gergy-Verjux, où mon frère jouait. J’étais souvent au bord du terrain pour le regarder jouer. Un jour, son entraîneur m’a dit de venir jouer et ça m’a plu. C’est comme ça que j’ai commencé à jouer au foot en équipe mixte. Une saison, nous avons pu constituer une équipe totalement féminine, j’avais ramené plusieurs de mes copines. Mais à partir de 13 ans, les filles ne peuvent plus jouer avec les garçons. Je ne voulais pas aller dans un autre club féminin et le mien était en déficit d’arbitres : un dirigeant m’a proposé de passer l’examen et c’est comme ça que j’ai commencé par hasard, sans savoir dans quelle belle aventure je m’aventurais. Je n’avais pas conscience de tous les niveaux d’arbitrage ! Tout s’est alors enchainé. De 13 à 25 ans, j’ai arbitré pour des joueurs qui étaient plus âgés que moi.

Comment s’effectue la sélection pour passer les différents niveaux de l’arbitrage ?
Un arbitre est noté plusieurs fois dans l’année par des observateurs qui établissent un classement (comme pour les équipes avec rétrogradation ou montée) et c’est ainsi que je n’ai cessé de gravir les échelons. J’ai arbitré en régional puis j’ai été nommée Jeune Arbitre Fédérale après une série de tests. J’ai bénéficié de la passerelle pour être nommée Arbitre Fédérale féminine 2 (D2 Féminine). Le 22 février 2019, j’ai obtenu l’écusson FFE 1 (D1 Arkema, 1re division féminine). Et j’ai été désignée 2021 arbitre internationale, en sachant qu’il n’y a que 5 places disponibles pour les Féminines en France. Mon classement chez les hommes en R1 m'a permis de monter en N3.
Vous êtes masseuse-kinésithérapeute, l’arbitrage ne vous permet pas de vivre uniquement de cette passion ?
Il y a quatre ans j’ai eu la chance de faire partie du plan de professionnalisation de l’arbitrage féminin lancé par la Fédération Française de Football visant à élever le niveau de l’arbitrage féminin français et à en faire une référence internationale (plusieurs stages à suivre au CNF Clairefontaine pendant la saison). C’était une très belle opportunité pour progresser davantage et me concentrer sur mon activité d’arbitre pour gagner en compétences (préparation physique, analyses de match …). Destiné à 8 officielles (quatre centrales et quatre assistantes), ce contrat de semi-professionnelle m’a permis de percevoir une indemnité mensuelle de préparation, pas suffisante pour vivre donc j’ai poursuivi mes études en médecine pour devenir masseuse-kinésithérapeute. Je vais fermer le 31 août mon cabinet à Verdun-sur-le-Doubs, pour faire du domicile et ainsi plus me consacrer à l’arbitrage.

Comment vous vous préparez à arbitrer les matches ?
C’est un travail de tous les jours, de toute une saison. Je suis licenciée à Beaune depuis deux saisons, j’ai quitté mon club d’origine avec un certain pincement de cœur, mais c’était nécessaire. Les infrastructures beaunoises et notamment le terrain en synthétique sont plus pratiques pour pouvoir m’entraîner toute l’année. Je diversifie mes entraînements qui durent en moyenne une heure par jour : course à pied, vélo, musculation… je fais partie du club d’athlétisme de Chalon et j’ai un préparateur physique. La veille de chaque match, je relâche l’entraînement pour arriver fraîche et pleine d’énergie pour le match.
Les arbitres disposent d’une importante bibliothèque de vidéos des rencontres féminines pour les analyses d’avant match. Et je dois également organiser tous mes déplacements.
Avez-vous rencontré des difficultés dans votre carrière ?
Comme dans toute carrière d’un sportif de haut niveau, il y a des hauts et des bas. Je n’ai jamais connu l’échec dans mon évolution, mais j’ai subi quelques revers sur certains arbitrages, sur des matches qui ne se sont pas bien passés. Heureusement, je suis bien soutenue par mes proches (famille et amis) de façon à me relever rapidement d’une déception, passer à autre chose et me changer les idées. Et je me dis que j’ai pris la meilleure décision sur l’instant …
Comment gérez-vous la pression et les enjeux d’un match ?
C’est très rare que j’ai de l’appréhension excepté peut-être pour la Finale de la Coupe de France… En règle générale, je me focalise sur l’instant, je reste ancrée sur ce qui se passe sur le moment présent sans penser au reste (avant-après) : mon objectif constant demeure l’action qui se déroule et je prends la décision sur l’instant, une fois qu’il est passé je n’y pense plus et j’ai déjà switché sur la nouvelle action en présence.

Vous êtes arrivées à un très haut niveau, quelles ambitions avez-vous aujourd’hui ?
J’aimerais encore gravir des échelons supérieurs en compétition féminine et masculine et notamment décrocher l’Elite en D1. C’est le graal pour tout arbitre, il y a une vingtaine de femmes en Europe, mais cela demande beaucoup de travail, d’expérience, c’est mon objectif sur le long terme.
Dans un proche avenir, j’ai été désigné arbitre d’un match prévu le 26 septembre dans la nouvelle compétition créée par l’UEFA le « Women’s Nations League ». La Ligue des nations féminine de l'UEFA est une compétition féminine européenne de football entre nations..
Quel est votre meilleur souvenir ?
En 15 ans de carrière, j’ai beaucoup de beaux souvenirs mais la Finale de la Coupe de France féminine en mai dernier - qui a opposé les joueuses du Paris Saint-Germain à celles de l’Olympique Lyonnais, à Lyon - reste particulière. Outre le fait que mes proches et mes formateurs ont pu venir me voir opérer, (être arbitre c’est souvent être seule) c’était pour moi une certaine reconnaissance de mon travail et de mon investissement. C’était un beau challenge.
Je garde également un souvenir ému de mon premier « single match » en international au Stade d’Helsinki en 2021 qui venait d’être réouvert au public après des travaux et le Covid pour une rencontre éliminatoire de la Coupe du Monde entre la Finlande et l’Irlande.
Quelle saveur a ce match que vous avez sifflé ce soir à Beaune ?
Je n’ai jamais arbitré à Beaune, j’évolue à un niveau supérieur et cela me fait plaisir que le club beaunois, mon club, ait pu organiser ce match. J’ai ainsi l’occasion de les voir plus et de les représenter directement à un haut niveau. Je suis heureuse d’être là, l’occasion est tellement rare.
Propos recueillis par Jeannette Monarchi



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